LA PRÉSENCE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE DU NORD

Date de référence : 1534

Bon­jour, tu aimes l’Histoire et tu as bien rai­son ! Aujourd’hui je vais te racon­ter l’histoire des conquêtes colo­niales de la France en Amé­riques du Nord.

Mais regarde d’abord cette frise chro­no­lo­gique. Tout débute à la Renaissance.

A cette époque, les Euro­péens ont fait d’énormes pro­grès dans l’art de la navi­ga­tion. Ils dis­posent de solides navires, de marins expé­ri­men­tés et d’instruments comme l’astrolabe ou le com­pas qui leur per­mettent de navi­guer en haute mer, même par mau­vais temps. Ain­si équi­pées, leurs expé­di­tions sont en mesure de par­cou­rir le monde à la recherche de nou­velles terres.

Après la décou­verte des Antilles en 1492 par Chris­tophe Colomb, les Por­tu­gais et les Espa­gnols sont les pre­miers à explo­rer les océans pour essayer de trou­ver une route mari­time vers les Indes. A force de voyages, c’est l’explorateur Ita­lien Ame­ri­go VESPUCCI qui finit par éta­blir l’existence du conti­nent qui lui doit son nom : l’Amérique. A par­tir de là, les royaumes du Por­tu­gal et d’Espagne se consti­tuent un gigan­tesque empire colo­nial, notam­ment en Amé­rique du Sud qui leur four­nit de fabu­leuses richesses.

Jalouses de ce suc­cès, les autres puis­sances euro­péennes ne tardent pas à se lan­cer dans l’aventure. En France, le navi­ga­teur Jacques Car­tier, sou­te­nu par le roi Fran­çois 1er, tente de trou­ver un che­min vers l’Asie en pas­sant par le nord. C’est ain­si qu’il aborde en 1534 l’Amérique du Nord. Il y découvre un fleuve qu’il appelle le Saint Laurent. En s’aventurant dans les terres, il ne tarde pas à faire la connais­sance des peuples indiens qui vivent là depuis des cen­taines, voire des mil­liers d’années. Les pre­miers contacts avec ces autoch­tones sont paci­fiques et cer­tains accom­pagnent même Car­tier à son retour en France.

Pre­nant offi­ciel­le­ment pos­ses­sion de ces terres au nom du roi de France, Car­tier décide de don­ner le nom de Cana­da à toute la région qui entoure le fleuve du Saint Laurent. L’ensemble des pos­ses­sions fran­çaises en Amé­rique du Nord va bien­tôt prendre, quant à lui, le nom de Nou­velle France.

Jusqu’à la fin du XVIe siècle, la France s’intéresse peu à ces pos­ses­sions, plus pré­oc­cu­pée par les guerres de reli­gion entre catho­liques et pro­tes­tants. Pour­tant, les voyages vers la Nou­velle France se mul­ti­plient, notam­ment grâce au déve­lop­pe­ment du com­merce des four­rures, très appré­ciées en Europe ain­si que celui de la pêche. C’est à cette époque que com­mencent à appa­raître les trap­peurs. Ce sont des sortes d’aventuriers qui explorent les ter­ri­toires encore incon­nus des euro­péens. Ils en pro­fitent pour éta­blir des liens avec les tri­bus indiennes et com­mer­cer avec elles.

A par­tir du XVIIe siècle, l’expansion reprend, en par­ti­cu­lier grâce à un autre explo­ra­teur, Samuel de Cham­plain qui fonde en 1608 la ville de Qué­bec et en fait la capi­tale de la Nou­velle France.

Admi­nis­trée et exploi­tée éco­no­mi­que­ment par les Fran­çais, la Nou­velle France devient dès lors une véri­table colo­nie. Tou­te­fois, alors que cette colo­nie s’étend sur un ter­ri­toire bien plus vaste que la France elle-même, la pré­sence fran­çaise en Amé­rique du Nord ne repose que sur l’existence de quelques villes, essen­tiel­le­ment Qué­bec, Trois-Rivières et Mont­réal. Pour com­pen­ser cette fra­gile implan­ta­tion, Cham­plain noue des alliances avec cer­taines tri­bus indiennes, notam­ment les Hurons mais s’attire l’hostilité des indiens Iro­quois, enne­mis des Hurons, qui plus tard s’allieront aux Anglais. Mais nous y reviendrons…

Lorsque Louis XIV arrive au pou­voir en France, il donne une nou­velle impul­sion à la colo­nie en y affec­tant plus de moyens mili­taires et finan­ciers. Mais le monarque sait que pour ren­for­cer ses colo­nies, il faut en accroitre la popu­la­tion. Pour cela, il va jusqu’à finan­cer le voyage de jeunes femmes céli­ba­taires, sur­nom­mées les filles du Roy, qui sont inci­tées à se marier avec les colons pour fon­der une famille.

L’Église s’associe à cette démarche d’expansion car elle y voit l’opportunité́ de conver­tir les indiens au christianisme.

L’avantage des ter­ri­toires conquis par les Fran­çais, c’est qu’ils sont connec­tés par des voies flu­viales : le Saint Laurent est ali­men­té par les grands lacs, qui eux même mènent au fleuve Mis­sis­si­pi. Grâce à cela, un explo­ra­teur finit par décou­vrir une nou­velle région, plus à l’est, qui est inté­grée à la Nou­velle France en 1682 et bap­ti­sée du nom de Louisiane.

Mal­heu­reu­se­ment, l’intérêt de la France pour ses colo­nies d’Amérique reste limi­té. L’activité éco­no­mique repose prin­ci­pa­le­ment sur le seul com­merce des four­rures et les condi­tions de vie dif­fi­ciles dans la colo­nie n’attirent pas beau­coup de nou­veaux colons.

Or, la France n’est pas la seule puis­sance euro­péenne à vou­loir étendre ses pos­ses­sions sur ce vaste ter­ri­toire. Paral­lè­le­ment aux conflits qui les opposent sur le conti­nent euro­péen, la France et l’Angleterre s’affrontent en Amé­rique au cours de mul­tiples guerres tout au long du XVIIIème siècle.  

Lors du der­nier de ces conflits, à par­tir de 1754, les Fran­çais, encore sou­te­nus par quelques tri­bus indiennes et sous le com­man­de­ment du Mar­quis de Mont­calm, rem­portent d’abord cer­tains suc­cès. Mais pro­fi­tant de leur supé­rio­ri­té numé­rique et déter­mi­nés à chas­ser les Fran­çais, les Anglais se ren­forcent. Leur marine de guerre, la Royal Navy, domine les mers. Sur terre, Les Anglais finissent par conqué­rir Qué­bec en 1759. Cela conduit au trai­té de Paris de 1763 par lequel la Nou­velle France passe défi­ni­ti­ve­ment sous domi­na­tion anglaise, à l’exception de la Loui­siane qui est cédée à l’Espagne. C’en est fini de la pré­sence fran­çaise en Amé­rique du Nord.

Fina­le­ment, que dois tu rete­nir à pro­pos des conquêtes fran­çaises en Amé­rique du Nord ?

  • Une colo­nie est un ter­ri­toire occu­pé et pla­cé sous la domi­na­tion éco­no­mique et poli­tique d’une autre nation.
  • Au XVIe siècle, la France part à la conquête de l’Amérique du Nord. Sa colo­nie, la Nou­velle France, est com­po­sée prin­ci­pa­le­ment du Cana­da décou­vert par Jacques Car­tier en 1534 et par la Loui­siane, conquise en 1682.
  • Au cours du XVIIe siècle, la Nou­velle France se déve­loppe avec la fon­da­tion de cités comme Qué­bec ou Mont­réal dont l’activité éco­no­mique repose prin­ci­pa­le­ment sur le com­merce de la fourrure.
  • Les Fran­çais entre­tiennent d’intenses rela­tions avec les tri­bus indiennes locales condui­sant tan­tôt à des alliances, tan­tôt à des guerres. Ces rap­ports avec les autoch­tones seront tou­jours l’un des points clés de la pré­sence fran­çaise en Amérique.
  • Mais la prin­ci­pale fai­blesse de la France aux Amé­riques est le manque de nou­veaux colons qui place la Nou­velle France en infé­rio­ri­té face aux colo­nies anglaises.
  • L’affrontement en Europe entre les royaumes de France et d’Angleterre se pro­longe ain­si jusque dans les colo­nies et abou­tit fina­le­ment à la défaite de la France qui doit céder à sa rivale la majeure par­tie de ses ter­ri­toires d’Amérique du nord.

Par la suite, la France n’aura plus jamais l’occasion de reprendre pied en Amé­rique du nord. Après la Révo­lu­tion et la période de l’Empire, c’est en Afrique et en Asie qu’elle cher­che­ra désor­mais à se créer un nou­vel empire colonial.

Mais ceci une autre histoire…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.