Louis XIV

Date de référence : 1661

En France, le XVIIe siècle est qua­li­fié de « Grand Siècle », pour­quoi ? Et quel est ce per­son­nage de l’histoire de France qui illu­mi­na tel­le­ment son époque que, de nos jours, on l’appelle encore le Roi-Soleil ? Le même à qui nous devons de pou­voir admi­rer le pres­ti­gieux Châ­teau de Ver­sailles… C’est Louis XIV bien sûr ! Eh bien, c’est une leçon sur ce grand roi au règne le plus long de notre his­toire, que nous te pro­po­sons de révi­ser avec nous à tra­vers cette nou­velle vidéo.

Bon­jour, aujourd’hui, je révise avec toi Louis XIV, un roi de France dont le règne fut à ce point syno­nyme de gloire et de puis­sance que l’Histoire lui a conser­vé le nom de Roi-Soleil.

Regarde d’abord cette frise chro­no­lo­gique : Nous sommes dans une période qu’on appelle le « Grand Siècle » durant laquelle la France exerce une grande influence poli­tique et cultu­relle sur toute l’Europe.

Tout com­mence en 1643, à la mort de Louis XIII, le père du futur Louis XIV. Celui-ci n’étant âgé que de cinq ans, c’est sa mère, Anne d’Autriche, qui dirige le pays avec l’aide de son prin­ci­pal ministre, le car­di­nal Maza­rin. Si tu veux en savoir plus sur Louis XIII, tu peux retrou­ver notre vidéo à son sujet !

Cardinal Mazarin by Pierre Mignard (Musée Condé).jpg
Le Car­di­nal Jules Maza­rin
par Pierre Mignard

C’est le prin­cipe de la Régence que tu as déjà ren­con­tré dans l’histoire d’autres rois de France comme Saint Louis par exemple, à qui nous avons d’ailleurs consa­cré une pré­cé­dente vidéo.

Mais reve­nons au royaume de France où règne une agi­ta­tion par­ti­cu­lière en ce milieu de XVIIe siècle. Comme tous ses pré­dé­ces­seurs qui, très jeune, ont eu à por­ter la cou­ronne, Louis va vite réa­li­ser com­bien il est dif­fi­cile de gou­ver­ner un pays. Son enfance est mar­quée par deux frondes, c’est-à-dire des révoltes, contre le pou­voir en place :

  • D’abord en 1648 la fronde du Par­le­ment de Paris qui oblige le petit roi à fuir la capi­tale en pleine nuit avec toute sa famille. Toute sa vie, Louis XIV en gar­de­ra un sou­ve­nir humiliant.
  • Puis, en 1650, c’est une par­tie de la noblesse qui se dresse cette fois contre le pou­voir royal. Il faut attendre plu­sieurs années pour que l’armée, diri­gée par le maré­chal Turenne, ramène le calme dans le pays. 

A par­tir de là, la France connaît à nou­veau une période de sta­bi­li­té et donc de pros­pé­ri­té. En effet, à la mort du car­di­nal Maza­rin en 1661, Louis XIV décide que désor­mais le royaume sera gou­ver­né par lui seul, sans pre­mier ministre comme pou­vait l’être Maza­rin. Comme le pou­voir du roi devient abso­lu, c’est-à-dire presque sans limites, on qua­li­fie ce mode de gou­ver­ne­ment de monar­chie absolue.

Portrait of Louis XIV aged 63
Louis XIV
par Hya­cinthe Rigaud

Tu dois aus­si te sou­ve­nir que ce pou­voir est abso­lu parce qu’il a un carac­tère divin c’est-à-dire que Louis XIV n’est res­pon­sable devant per­sonne d’autre que Dieu lui-même. C’est pour­quoi on dit aus­si que cette monar­chie est de droit divin.

Pour diri­ger le royaume, le roi s’appuie prin­ci­pa­le­ment sur quelques conseillers fidèles et com­pé­tents, sou­vent issus de la bour­geoi­sie ou de la petite noblesse. De cette façon, il n’a pas à craindre la tra­hi­son des grands seigneurs.

Par­mi ces conseillers, laisse-moi te citer les principaux :

  • D’abord Col­bert. C’est prin­ci­pa­le­ment à lui que la France doit d’être un royaume très riche. Son action est immense et touche à des domaines aus­si variés que la poli­tique fis­cale, c’est-à-dire les impôts, le bud­get, c’est-à-dire les dépenses, le com­merce en par­ti­cu­lier avec les colo­nies, les manu­fac­tures, c’est-à-dire les pre­mières usines ou encore le déve­lop­pe­ment de la marine royale.
Colbert1666.jpg
Jean-Bap­tiste Col­bert
par Phi­lippe de Champaigne
  • Il y a aus­si Lou­vois, ministre de la guerre, qui réor­ga­nise l’armée et la dote d’un meilleur armement.
Image dans Infobox.
Fran­çois Michel Le Tel­lier, mar­quis de Lou­vois
par Pierre Mignard
  • Enfin, Vau­ban, ingé­nieur mili­taire à qui le roi confie la construc­tion de nom­breuses for­te­resses dont la plu­part existent encore aujourd’hui.
Sébastien Le Prestre de Vauban
Sebas­tien le Prestre de Vau­ban
par Charles-Phi­lippe Larivière

Pour main­te­nir la paix dans le royaume, Louis XIV com­prend très vite qu’il doit aus­si faire res­pec­ter l’autorité de l’Etat, c’est-à-dire sa propre autorité !

Pour l’y aider, il nomme des inten­dants, c’est à dire des hommes fidèles qui le repré­sentent dans cha­cune des pro­vinces et y font régner l’ordre. Il pousse aus­si les nobles à demeu­rer en per­ma­nence à la Cour si bien que ceux-ci ne songent plus qu’à se dis­pu­ter les faveurs du roi et à pro­fi­ter des fêtes royales… des fêtes qui coûtent si cher que Col­bert lui-même s’en plaint régu­liè­re­ment au roi.

Et sais-tu où se passent ces fêtes ?

A Ver­sailles bien sûr… où Louis XIV charge les archi­tectes et les artistes les plus talen­tueux de lui bâtir un immense et majes­tueux palais, entou­ré de magni­fiques jar­dins. De cela, nous pou­vons d’ailleurs remer­cier Louis XIV puisque chaque année des mil­liers de visi­teurs viennent admi­rer cette mer­veille du patri­moine archi­tec­tu­ral français. 

La construc­tion du Châ­teau de Ver­sailles va durer plus de vingt ans et néces­si­ter beau­coup d’argent au grand déses­poir, là encore, du ministre Colbert.

Afin de faire de la France le centre de la vie cultu­relle et artis­tique en Europe, le roi apporte aus­si son sou­tien au déve­lop­pe­ment des arts, des lettres et des sciences. En accor­dant sa pro­tec­tion à des artistes comme Cor­neille, Racine, Molière, La Fon­taine ou Lul­ly, Louis XIV favo­rise un renou­veau sans pré­cé­dent du théâtre, de la poé­sie ou de la musique, ce qui, en retour, ren­force le pres­tige de son règne. 

En matière de poli­tique étran­gère, Louis XIV a la volon­té de défendre les fron­tières de la France et même de les étendre. 

Après sa vic­toire sur les riches Pro­vince-Unies de Hol­lande, la France doit affron­ter une coa­li­tion de plu­sieurs états euro­péens qui veulent avant tout récu­pé­rer une par­tie des ter­ri­toires conquis par Louis XIV. 

Ces états ont presque tous la par­ti­cu­la­ri­té d’avoir adop­té la reli­gion pro­tes­tante. Quelle impor­tance me diras-tu ?

Eh bien, tu dois com­prendre que leur hos­ti­li­té est aus­si la consé­quence d’une impor­tante déci­sion prise par le roi en matière de poli­tique inté­rieure : la révo­ca­tion, c’est-à-dire la sup­pres­sion, de l’Édit de Nantes.

Pour te remé­mo­rer l’origine de cet Édit, je t’invite à regar­der notre vidéo sur le roi Hen­ri IV, le propre grand-père de Louis XIV.

Eh oui, sou­viens-toi : c’est lui qui déci­da, par ce texte, d’autoriser les pro­tes­tants à pra­ti­quer libre­ment leur reli­gion en France ce que Louis XIV, qui est catho­lique, n’accepte pas. C’est ain­si que 200 000 pro­tes­tants sont obli­gés de fuir le pays, la plu­part ral­liant l’Angleterre et les Pays-Bas. 

La fin du règne de Louis XIV sera mar­quée par un der­nier conflit, long et coû­teux, la guerre de suc­ces­sion d’Espagne dont la France sor­ti­ra certes vic­to­rieuse mais affaiblie.

Enfin, mar­qué par le décès de tous ses enfants et de presque tous ses petits-enfants, le roi s’éteint fina­le­ment en 1715, au terme du plus long règne que la France ait connu.

Fina­le­ment que dois tu rete­nir à pro­pos de Louis XIV ?

– Louis XIV a régné per­son­nel­le­ment de 1661 à 1715. Mar­qué par les révoltes qu’il a dû affron­ter dans son enfance, il décide de régner seul, entou­ré de quelques conseillers brillants comme Col­bert ou Lou­vois. Sa façon de gou­ver­ner est qua­li­fiée de monar­chie absolue.

– Le Roi-Soleil doit sur­tout son nom à sa poli­tique de sou­tien au rayon­ne­ment des arts, des lettres et des sciences avec des noms res­tés célèbres comme Cor­neille, Racine, Molière, La Fon­taine ou Lully.

– Louis XIV est aus­si un roi bel­li­queux, qui n’hésite pas à faire la guerre pour agran­dir son royaume ou prou­ver sa supé­rio­ri­té. Cette poli­tique bien qu’ayant fait la puis­sance du royaume de France l’affaiblira finan­ciè­re­ment et lui atti­re­ra la jalou­sie et les ran­cœurs des autres monar­chies européennes.

Après le très long règne du Roi-Soleil, vient celui de Louis XV, son arrière-petit-fils. Mais ceci est une autre histoire…

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