LES REINES DE FRANCE

Date de référence : 493

Tu aimes l’Histoire et tu as bien rai­son ! Aujourd’hui, je vais te par­ler des reines qui ont mar­qué l’histoire de France.

Elles sont nom­breuses à avoir exer­cé une grande influence sur les affaires poli­tiques de la France, par­fois jusqu’à prendre la direc­tion du pays en tant que régente. Nous avons évo­qué plu­sieurs fois ce terme dans nos vidéos pré­cé­dentes : il signi­fie que la reine gou­verne le royaume lorsque, par exemple, le roi est trop jeune pour régner ou bien parce qu’il est par­ti à la guerre.

Regarde cette frise chro­no­lo­gique : tu peux y voir les dynas­ties qui se sont suc­cé­dé en France entre le Ve et le XIXe siècle – Méro­vin­giens, Caro­lin­giens, Capé­tiens, Valois et Bour­bons. Décou­vrons ensemble, à tra­vers ces dynas­ties, quelques grandes reines qui ont mar­qué leur époque !

Dans la famille des Méro­vin­giens, tu connais peut-être Clo­tilde, l’épouse de Clo­vis, le roi des Francs. On raconte que c’est sous son influence que Clo­vis s’est conver­ti à la reli­gion chré­tienne. C’est donc en par­tie grâce à Clo­tilde que la France est deve­nue un pays de tra­di­tion chrétienne.

Chez les Méro­vin­giens, il y a aus­si les « reines assas­sines » qui sont fran­che­ment moins sym­pa­thiques. Leur his­toire com­mence au par­tage du royaume de Clo­vis entre ses petits-fils, Sige­bert et Chil­pé­ric. La femme de Sige­bert, Bru­ne­haut, est une prin­cesse de sang royal. Fré­dé­gonde, elle, n’est à l’origine qu’une ser­vante mais elle est répu­tée pour sa beau­té et son ambi­tion. Pour deve­nir reine, elle va jusqu’à faire assas­si­ner la pre­mière femme de Chil­pé­ric et prend sa place. Manque de chance, il s’agit de la propre sœur de Bru­ne­haut, qui lui déclare donc la guerre. Par la suite, le règne et les affron­te­ments de ces deux reines feront de nom­breuses vic­times, Fré­dé­gonde mul­ti­pliant les assas­si­nats et Bru­ne­haut finis­sant atta­chée à un che­val lan­cé au triple galop.

Pas­sons main­te­nant à la dynas­tie des caro­lin­giens à laquelle appar­tient l’empereur Char­le­magne. A la mort de son père, Pépin le bref, Char­le­magne doit par­ta­ger le royaume avec son frère, Car­lo­man confor­mé­ment à la cou­tume des Francs. C’est leur mère, qui porte le sur­nom amu­sant de Berthe au grand pied du fait d’une mal­for­ma­tion, qui va s’efforcer de main­te­nir la paix entre eux. Cela per­met­tra à Char­le­magne, à la mort de son frère, de réunir leurs deux royaumes pour bâtir un immense empire.

Après la mort de Char­le­magne, le par­tage de cet empire pro­voque une guerre de suc­ces­sion entre ses des­cen­dants. Par­mi ceux-ci, Charles le Chauve doit sa sur­vie à sa mère, Judith de Bavière qui n’hésite pas à pro­vo­quer une guerre civile pour défendre l’héritage de son fils.

Cette guerre prend fin en 843 lors du trai­té de Ver­dun qui divise défi­ni­ti­ve­ment l’empire. Judith est récom­pen­sée : Charles le Chauve est cou­ron­né roi de Fran­cie occi­den­tale, ter­ri­toire à l’origine de la France actuelle.

Chez les Capé­tiens, impos­sible d’ignorer Alié­nor d’Aquitaine, d’abord épouse d’un roi fran­çais Louis VII, puis d’un roi anglais Hen­ri II Plan­ta­ge­nêt. Pro­tec­trice des arts, Alié­nor invite de célèbres trou­ba­dours à la cour comme Ber­nard de Ven­ta­dour. Mais C’est sur­tout une sou­ve­raine très habile, lut­tant avec achar­ne­ment pour main­te­nir l’unité du royaume d’Angleterre qu’elle par­vient même à récon­ci­lier avec la France en mariant sa petite-fille, Blanche de Cas­tille, à l’héritier du trône de France.

Blanche sera aus­si une grande reine capé­tienne ! Veuve à 38 ans, elle met fin aux révoltes des barons qui contestent son auto­ri­té et contri­bue à for­ti­fier la cou­ronne de France en négo­ciant avec le comte de Tou­louse le rat­ta­che­ment du Lan­gue­doc. Enfin, elle dirige l’éducation poli­tique et reli­gieuse de son fils, le futur roi Saint Louis.

Pas­sons main­te­nant à la dynas­tie des Valois dont l’une des reines va mon­trer un grand talent poli­tique. Il s’agit d’une duchesse ita­lienne, issue d’une famille riche et puis­sante : Cathe­rine de Médi­cis. En 1559, à la mort de son mari Hen­ri II, Cathe­rine devient régente du royaume en atten­dant que son fils atteigne la majo­ri­té. Elle main­tient l’autorité royale dans une France déchi­rée par les guerres de reli­gions entre catho­liques et pro­tes­tants. Cathe­rine de Médi­cis est éga­le­ment une reine bâtis­seuse : elle fait agran­dir le châ­teau de Che­non­ceau, celui du Louvre et pour­suit le chan­tier de Fon­tai­ne­bleau. Elle passe des com­mandes aux grands artistes de son temps pour exal­ter la gran­deur des Valois.

La famille Médi­cis don­ne­ra aus­si une reine à la dynas­tie des Bour­bons : Marie de Médi­cis, l’épouse d’Henri IV. A la mort de celui-ci, Marie exerce la fonc­tion de régente, en atten­dant l’accession au trône de son fils, le roi Louis XIII.

Ce der­nier aura d’ailleurs pour épouse, une autre reine incon­tour­nable de la dynas­tie des Bour­bons : Anne d’Autriche. A la mort de Louis XIII, Anne prend à son tour la fonc­tion de régente et gou­verne le royaume avec l’aide du car­di­nal Maza­rin. Ensemble, ils affrontent les enne­mis de la cou­ronne : les grands nobles lors de la révolte de la Fronde […] et l’Espagne des Habs­bourg. Anne d’Autriche par­vient à mettre fin au conflit fran­co-espa­gnol et achève la for­ma­tion du jeune roi, le futur Louis XIV qui hérite ain­si du plus puis­sant royaume d’Europe.

Fina­le­ment, que dois-tu rete­nir des reines que je t’ai présentées ?

  • Deux reines méro­vin­giennes, Fré­dé­gonde et Bru­ne­haut, sur­nom­mées les reines assas­sines, ont déclen­ché une guerre civile qui déchire le royaume des Francs pen­dant près de qua­rante ans. 
  • Chez les Caro­lin­giens, retiens Judith de Bavière, qui par­vient, mal­gré les obs­tacles, à offrir un royaume à son fils Charles le Chauve ;
  • Deux grandes reines capé­tiennes ont joué un rôle poli­tique très impor­tant : Alié­nor d’Aquitaine et sa petite-fille Blanche de Castille ;

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