La Gaule romaine

Date de référence : 313

Une grande par­tie du fran­çais que nous par­lons aujourd’hui nous vient du latin, la langue des Romains. Sais-tu pour­quoi ? Sou­viens-toi, les Romains, sous la conduite de Jules César ont défi­ni­ti­ve­ment conquis la Gaule après la défaite de Ver­cin­gé­to­rix à Alé­sia. Par la suite, notre pays connait la paix romaine, ou pax roma­na, qui va notam­ment per­mettre aux Romains d’importer leur culture en Gaule. Cela va entrai­ner d’importants chan­ge­ments dans le mode de vie des Gau­lois par exemple en matière ves­ti­men­taire, d’alimentation et sur­tout d’architecture. Au fil des siècles, va donc naître une nou­velle culture qu’on appelle « gallo-romaine ».

Bon­jour ! Aujourd’hui, Je révise avec toi la Gaule romaine. Si tu as vu notre vidéo sur Ver­cin­gé­to­rix et les Gau­lois, tu sais qu’ils ont per­du la guerre contre les Romains, ce qui per­met à ces der­niers d’instaurer la pax roma­na, c’est à dire la paix romaine, sur toute la Gaule.

Regarde cette frise chro­no­lo­gique, nous sommes en 52 av J‑C : Ver­cin­gé­to­rix vient de se rendre à César au terme du siège d’Alésia.

Voyons main­te­nant quels chan­ge­ments la pax roma­na apporte en Gaule ?

D’abord la langue : en quelques dizaines d’années, le latin, langue des Romains, rem­place le gau­lois. C’est d’ailleurs le latin qui est à l’origine du fran­çais que tu parles aujourd’hui. Le latin devient la langue offi­cielle, c’est-à-dire celle de l’ad­mi­nis­tra­tion et de la justice.

On a retrou­vé sur le ter­ri­toire qui cor­res­pon­dait à la Gaule des mil­liers d’inscriptions en latin, datant de cette époque.

Rap­pelle-toi aus­si que les Gau­lois étaient divi­sés en une soixan­taine de tri­bus, indé­pen­dantes les unes des autres. Désor­mais, le ter­ri­toire de la Gaule est décou­pé en 4 pro­vinces sous admi­nis­tra­tion romaine : d’abord l’Aquitaine, la Gaule Lyon­naise et la Bel­gique qui ont pour capi­tale la cité de Lyon, qu’on appelle Lug­du­num en latin. La der­nière, la Nar­bon­naise, reste à part car elle était déjà romaine avant la guerre des Gaules. Si tu veux en savoir plus sur les Gau­lois, tu peux retrou­ver notre vidéo à son sujet !

Le chan­ge­ment est très visible dans les cités : on assiste à une roma­ni­sa­tion des modes de vie. Les Romains construisent des thermes, des théâtres, des temples. Le plan des villes est plus géo­mé­trique. Par ailleurs, le déve­lop­pe­ment urbain s’accompagne de la créa­tion de nom­breuses routes, les via roma­na comme on les appelle en latin. Elles faci­litent les dépla­ce­ments des envoyés de l’Empereur, des légions romaines ou encore des marchandises.

En vingt ans, les Romains fondent une soixan­taine de cités dont la plu­part existent tou­jours aujourd’hui comme Arras, Amiens ou encore Limoges.

Pour ame­ner l’eau en ville, les Romains bâtissent en Gaule plus d’une cen­taine d’aqueducs, mais aus­si des fon­taines et des égouts. Tu connais pro­ba­ble­ment le célèbre Pont du Gard, construit au Ier siècle ap J‑C.

A l’intérieur des mai­sons, le chan­ge­ment se fait aus­si sen­tir : l’élite gau­loise adopte dans ses demeures l’atrium, une petite cour à ciel ouvert typi­que­ment romaine. Les mosaïques déco­ra­tives font leur apparition.

Les Gau­lois des villes adoptent donc des modes de vie romains. Cette nou­velle culture, à la fois gau­loise et romaine, est appe­lée gal­lo-romaine. Les tri­bus gau­loises sont paci­fiées et les Gau­lois deve­nus citoyens romains doivent ser­vir dans l’armée romaine.

A la cam­pagne, c’est la mul­ti­pli­ca­tion des vil­la. Ce terme romain désigne un ensemble de bâti­ments rési­den­tiels et de construc­tions à usage agri­cole. Tout autour se trouvent les champs et les forêts que le pro­prié­taire fait exploi­ter par ses pay­sans. Les Vil­la sont un puis­sant ins­tru­ment de roma­ni­sa­tion des cam­pagnes. En effet, dans les Vil­la aus­si, on décore avec des mosaïques, on va se bai­gner aux thermes, bref on vit à la romaine !

Les Gau­lois changent aus­si leur ali­men­ta­tion sous la domi­na­tion romaine : ils ne mangent plus de che­val ni de chien car ce sont des ali­ments inter­dits. D’autres cultures appa­raissent comme le seigle ou cer­tains arbres frui­tiers comme le pêcher, le pom­mier, et la vigne.

Par­lons un peu des modes ves­ti­men­taires : seuls quelques riches Gau­lois changent vrai­ment leur façon de s’habiller. Ils délaissent les braies et adoptent la toge romaine. Pour les autres, l’évolution est moins mar­quée. Ain­si, le sayon, une sorte de man­teau, est encore por­tée par Char­le­magne, 800 ans plus tard !

Venons-en main­te­nant aux bou­le­ver­se­ments reli­gieux qu’entraine la conquête romaine.

Pour en par­ler, je t’ai choi­si ce pilier qu’on appelle le pilier des Nautes et qui date du Ier siècle ap. J‑C. Que peux-tu voir des­sus ? Des sculp­tures de divi­ni­tés romaines, Jupi­ter notam­ment et aus­si de divi­ni­tés gau­loises. Il y a éga­le­ment une ins­crip­tion gra­vée sur le pilier, qui est une dédi­cace à l’Empereur romain Tibère.

Eh bien, ce pilier résume à lui seul toutes les évo­lu­tions en matière de reli­gion. Dans la Gaule romaine, les habi­tants vénèrent à la fois l’empereur romain, ce qu’on appelle le culte impé­rial, les dieux romains comme Jupi­ter, Mars ou Vénus et enfin les anciens dieux gau­lois comme Cer­nun­nos ou Epona.

Pro­gres­si­ve­ment, on assiste au déve­lop­pe­ment en Gaule d’une nou­velle reli­gion, le chris­tia­nisme. Ses adeptes, qu’on appelle les chré­tiens, sont d’abord peu nom­breux. Ils font l’objet de per­sé­cu­tions car ils croient en un Dieu unique et refusent le culte impérial.

En effet, la reli­gion romaine affiche une vraie tolé­rance à l’égard des autres cultes à condi­tion que ceux-ci ne menacent pas l’u­ni­té de l’Em­pire. Or, cette uni­té repose notam­ment sur la reli­gion offi­cielle du culte impé­rial. C’est pour­quoi les Romains n’hésitent pas à condam­ner à mort les chré­tiens comme Sainte Blan­dine, mar­ty­ri­sée à Lyon en 177 ap. J‑C et consi­dé­rée comme la sainte patronne de la ville de Lyon.

Cette situa­tion dure jusqu’à la fin du 3ème siècle. Tout au long de cette période, le chris­tia­nisme se déve­loppe pour­tant dans l’Empire romain. En 313, l’empereur Constan­tin garan­tit aux chré­tiens la liber­té de pra­ti­quer leur culte.

C’est un tour­nant dans la chris­tia­ni­sa­tion. A par­tir de là, la reli­gion chré­tienne gagne la plu­part des villes puis des cam­pagnes, notam­ment grâce à l’action d’hommes tel que Hilaire de Poi­tiers et Mar­tin de Tours.

Ces prê­cheurs sillonnent les cam­pagnes pour conver­tir ceux qui ne sont pas encore chré­tiens. En 380 ap. J‑C, l’empereur Théo­dose fait du chris­tia­nisme l’unique reli­gion de l’Empire et inter­dit bien­tôt les anciennes reli­gions sous peine de mort.

Peu à peu les temples païens sont détruits ou rem­pla­cés par des églises. Durant ces quelques siècles, la reli­gion chré­tienne se struc­ture en Gaule grâce à la mul­ti­pli­ca­tion des églises et à la nomi­na­tion des évêques pour diri­ger les ter­ri­toires nou­vel­le­ment conver­tis qu’on appelle les diocèses.

Fina­le­ment, que dois tu rete­nir à pro­pos de la Gaule Romaine ?

  • Le latin devient la langue offi­cielle et le gau­lois dis­pa­raît peu à peu. Ce latin devien­dra après plu­sieurs siècles d’évolution le fran­çais que tu parles aujourd’hui.
  • Les modes de vie changent : les villes et les cam­pagnes vivent à la façon romaine.
  • C’est une époque de bâtis­seurs. Villes nou­velles, aque­ducs, thermes, théâtres, arènes, vil­la : le pay­sage se transforme.
  • Les Gau­lois adoptent d’abord les dieux romains, par­fois en les mêlant à leurs propres dieux. Ils adoptent aus­si le culte impé­rial dédié à l’empereur romain.
  • Puis le chris­tia­nisme s’impose petit à petit pour deve­nir fina­le­ment la reli­gion majoritaire.

A la fin du Vème siècle, les inva­sions bar­bares se mul­ti­plient et l’Empire Romain s’effondre. C’est aus­si la fin de la Gaule Romaine. Clo­vis devient Roi des Francs et se fait bap­ti­ser à Reims. C’est le début de la France des Méro­vin­giens, mais ceci est une autre histoire…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.