LA RESTAURATION & LA MONARCHIE DE JUILLET

Date de référence : 1824

Res­tau­rer, c’est remettre quelque chose dans son état ini­tial. Mais qu’a‑t-on bien pu vou­loir res­tau­rer en 1814 en France ? Un roi tout sim­ple­ment. Après la Révo­lu­tion fran­çaise, après l’Empire de Napo­léon, vient la Res­tau­ra­tion, cette période durant laquelle les Fran­çais sont à nou­veau diri­gés par la famille royale des Bour­bons. C’est pour te per­mettre de com­prendre cette période agi­tée que nous te pro­po­sons cette nou­velle vidéo.

Bon­jour ! Aujourd’hui, je révise avec toi la Res­tau­ra­tion et la monar­chie de Juillet.

La Res­tau­ra­tion désigne le retour de la monar­chie en France après la chute du pre­mier Empire. Si tu veux en savoir plus sur cette période, je te conseille nos deux vidéos consa­crées à Napo­léon Bona­parte.

Regarde cette frise chro­no­lo­gique, la Res­tau­ra­tion débute avec l’abdication de Napo­léon en 1814. Elle fait une pause durant le bref retour au pou­voir de l’empereur en 1815 puis se ter­mine par la révo­lu­tion des Trois Glo­rieuses en 1830.

Main­te­nant voyons qui dirige le pays durant cette Restauration…

Après la mort du roi Louis XVI, guillo­ti­né en 1793 à la suite de la Révo­lu­tion fran­çaise, c’est son frère cadet, le comte de Pro­vence, qui lui suc­cède sous le nom de Louis XVIII.

Le nou­veau roi sait qu’il ne pour­ra pas remettre en ques­tion tous les acquis de la Révo­lu­tion de 1789 ni reve­nir à une monar­chie d’Ancien Régime. Il met donc en place une monar­chie consti­tu­tion­nelle. Laisse-moi t’expliquer de quoi il s’agit…

Le pou­voir du roi n’est plus abso­lu mais par­ta­gé entre d’une part, le roi et d’autre part, deux assem­blées qu’on appelle la Chambre des dépu­tés et la Chambre des pairs. Toutes deux votent les lois et le budget.

Mais ce qui les dif­fé­ren­cie, c’est leur mode de dési­gna­tion : les dépu­tés sont élus par les citoyens les plus aisés du pays tan­dis que les pairs sont nom­més par le roi.

On parle aus­si de monar­chie consti­tu­tion­nelle car ce régime obéit à une nou­velle consti­tu­tion qu’on appelle la Charte. La Charte est une sorte de contrat qui défi­nit les droits et les devoirs du roi et des assemblées.

Mal­gré sa bonne volon­té, le roi reste impo­pu­laire. [!!!] En effet, à la suite de la défaite de Napo­léon 1er, Louis XVIII a été réta­bli sur le trône par les monar­chies euro­péennes victorieuses.

Il a aus­si dû signer des trai­tés jugés trop sévères et mal accep­tés par les Fran­çais. Et pour ne rien arran­ger, il s’est enfui en Bel­gique lors du retour de Napo­léon pen­dant les Cents-Jours.

Mais Louis XVIII entend tout de même faire entrer la France dans une ère de paix et de prospérité.

Rap­pe­lons d’abord que, grâce à son 1er ministre, le duc de Riche­lieu, Louis XVIII obtient un allè­ge­ment des sanc­tions qui pèsent sur la France. Il obtient éga­le­ment le retrait rapide des troupes étran­gères qui avaient enva­hi le pays après la défaite de Napoléon.

Par ailleurs, les finances du royaume sont réta­blies par le Baron Louis et l’armée est réor­ga­ni­sée par le ministre de la marine et des colo­nies Gouvion-Saint-Cyr.

Louis XVIII évite de se lan­cer dans de nou­veaux conflits, les guerres pré­cé­dentes ayant coû­té si cher à la France. Il pré­fère plu­tôt embel­lir Paris. C’est lui qui fait bâtir la cha­pelle expia­toire en mémoire des vic­times de la Révo­lu­tion et plus par­ti­cu­liè­re­ment de la famille royale.

Après la mort de Louis XVIII en 1824, c’est son frère, le comte d’Artois qui devient roi sous le nom de Charles X. Il est en faveur d’une monar­chie abso­lue et se fait donc sacrer à Reims pour renouer avec la tra­di­tion de l’Ancien Régime.

Sous le règne de Charles X, l’armée fran­çaise rem­porte d’importants suc­cès militaires.

La France sou­tient par exemple les Grecs qui sou­haitent obte­nir leur indé­pen­dance contre l’occupant otto­man (c’est-à-dire Turc). En 1827, lors de la bataille de Nava­rin, la flotte fran­çaise, aux côtés des Anglais et des Russes, bat la flotte égyp­tienne alliée des Otto­mans. Grâce à cela, la Grèce obtient son indépendance.

Le 5 juillet 1830, les troupes fran­çaises rem­portent une nou­velle vic­toire. Elles prennent en effet pos­ses­sion d’Alger qui était aux mains de pirates, les Barbaresques.

Mais au cours de ce mois de juillet 1830, Charles X, qui croit que ses vic­toires mili­taires lui assurent le sou­tien de la popu­la­tion, dis­sout une des assem­blées, sup­prime la liber­té de la presse et retire le droit de vote à un grand nombre de citoyens.

Ces déci­sions pro­voquent une vio­lente oppo­si­tion. Une par­tie du peuple de Paris se révolte et dresse des bar­ri­cades les 27, 28 et 29 juillet 1830. Les insur­gés par­viennent fina­le­ment à s’emparer de la capi­tale. Ces trois jour­nées d’affrontements sont connues sous le nom des Trois Glo­rieuses. Sou­cieux de ne pas faire cou­ler plus de sang, Charles X ne résiste pas, abdique et s’exile en Angleterre.

Son cou­sin, le duc d’Orléans lui suc­cède et prend le nom de Louis-Phi­lippe Ier. C’est la fin de la Res­tau­ra­tion et le début de ce qu’on nomme la monar­chie de Juillet.

Le nou­veau sou­ve­rain, Louis-Phi­lippe, aban­donne le titre de « Roi de France » et prend celui de « roi des Fran­çais » qui sym­bo­lise une plus grande proxi­mi­té avec le peuple. En outre, il a com­bat­tu à la bataille de Val­my, vic­toire emblé­ma­tique de la Révo­lu­tion française.

Il est donc plus proche des idées révo­lu­tion­naires que ses pré­dé­ces­seurs. Enfin, par son mode de vie il repré­sente la classe mon­tante des bourgeois.

Il main­tient la Charte, réta­blit le dra­peau tri­co­lore héri­té de la Révo­lu­tion fran­çaise et met fin à la cen­sure. Il élar­git le droit de vote, le ren­dant plus acces­sible à la bour­geoi­sie. C’est en effet cette caté­go­rie de la popu­la­tion qui pro­fite le plus du nou­veau régime.

Durant une courte période de sta­bi­li­té poli­tique et de pros­pé­ri­té éco­no­mique la France se trans­forme. Gui­zot, ministre de Louis-Phi­lippe, fait construire des voies fer­rées, moder­nise Paris et déve­loppe l’industrie.

Pen­dant cette période, la socié­té évo­lue éga­le­ment : une loi inter­dit le tra­vail des enfants de moins de huit ans. En 1833, la loi Gui­zot crée dans chaque com­mune une école pri­maire gratuite. 

Mais le pou­voir finit pour­tant par s’u­ser. Le roi vieillit et Gui­zot s’op­pose à toute réforme élec­to­rale élar­gis­sant d’avantage le droit de vote. Le régime devient de plus en plus vul­né­rable. En outre, à par­tir de 1846, de mau­vaises récoltes pro­voquent une crise économique.

Le mécon­ten­te­ment est de plus en plus vif. L’op­po­si­tion répu­bli­caine orga­nise dans le pays de grands ban­quets, au cours des­quels sont pro­non­cés des dis­cours récla­mant des réformes.

Le 22 février 1848, le gou­ver­ne­ment inter­dit un ban­quet devant se tenir à Paris. Pour pro­tes­ter contre cette inter­dic­tion, des mani­fes­ta­tions éclatent. L’é­meute devient géné­rale après la fusillade des Capu­cines où des mani­fes­tants sont tués. Le 24 février 1848, Louis-Phi­lippe abdique et s’en­fuit en Angleterre.

Fina­le­ment, que dois-tu rete­nir à pro­pos de la Restauration ?

- Après l’abdication de Napo­léon en 1814, le frère cadet de Louis XVI gou­verne sous le nom de Louis XVIII et met en place une monar­chie consti­tu­tion­nelle. C’est le début de la Restauration.

- Louis XVIII meurt en 1824 et son der­nier frère lui suc­cède sous le nom de Charles X.

- En juillet 1830, Charles X sup­prime cer­taines liber­tés, ce qui pro­voque dans Paris une vio­lente insur­rec­tion durant trois jour­nées qu’on appelle les Trois Glo­rieuses. Charles X est for­cé de renon­cer au trône.

- Louis-Phi­lippe lui suc­cède. On nomme son règne la monar­chie de juillet

- Aidé de son pre­mier ministre Gui­zot, le nou­veau roi gou­verne en bour­geois sou­cieux de favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment éco­no­mique de la France

- Mais la Révo­lu­tion de 1848 force Louis-Phi­lippe à abdi­quer, ce qui met fin au règne du der­nier roi de France.

A la suite de la Révo­lu­tion de 1848, la seconde Répu­blique est mise en place et le suf­frage uni­ver­sel mas­cu­lin est pro­cla­mé. Tu ver­ras que cette Répu­blique ne sera que de courte durée… mais ceci est une autre histoire.

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